Vitrine de la Mercerie de Chamiers
Vitrine de la Mercerie de Chamiers Isabelle Kraiser

La mercière de Chamiers

Ici c’est une vie triste, je n’arrive pas à joindre les deux bouts.

Je rend service, je fais tout pour rendre service : faire des courses, des retouches, laver du linge, quand il y en a besoin pour les gens du quartier. 

Ici, il y a beaucoup de personnes seules et âgées que je connais depuis longtemps. Je vend peu. Avant les mamies venaient acheter leurs sous-vêtements et leur tablier. Je les habillais. 

Aujourd’hui ce n’est plus du tout  la même clientèle. Les gens préfèrent aller en grande surface. Je n’ai pas de réserve. Tous ce que j’ai est dans le magasin. Je vend des bonbons à 5 centimes aux enfants qui sortent de l’école. 

J’essaye de me débrouiller, toute seule ce n’est pas facile. Des dames viennent dans le magasin pour discuter et passer un moment. C’est le commerce où l’on cause. Elles sont isolées, elles ne vont pas bien, elles descendent au magasin et c’est reparti ! 

Je fais les réassortiments à Paris, par correspondance. C’est juste un petit commerce de quartier. Je ne sais pas ce que je vais faire. L’avenir le dira. 

Il ne faut pas faire de projet car ça tombe toujours à l’eau. 

Dernière modification lemercredi, 21 juin 2017 15:25
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